Créations lors du stage « Mouvements et traces »
Proposé par Jean-François Pirson à la maison du livre
Sur 3 jours, « Marcher, collecter, dessiner, rassembler » sur un territoire donné sur la carte, sous forme de jeu, tout à la fois arpenteureuse, glaneuse, chorégraphe, archéologue. De là, en atelier, proposition de créer un livre, un texte et sur un bout de tissus carré d’1.5m, laisser libre court à ce qui advient.



Mon histoire à moi commence au palais de Cnossos, avec son Minotaure, son labyrinthe et ses dédales. Ce qui se meut dans nos failles, nos profondeurs, notre nature animale, nos instinct de cueillettes. Des mots, des choses, grappillés dans les recoins du hasard, dans les feuillages, dans des fragments de rues, qui font surgir l’invisible. Des trouvailles, collection hasardeuse, recensement insensé, mots, chiffres, trésors, poésie, faites vos jeux!







La légende raconte que dans les caves du palais de Cnossos vivait le Minotaure.
Oui mais quel genre de minotaure ?
Qu’est ce qui se trame dans les profondeurs ?
Dans les dédales de nos caves intérieures ?
Dans les chemins de nos silences, dans les chemins de nos errances ?
Arrivage, vendez-vite, coupe, passion, absence, laine.
Goutte de feuille, éclats d’arbres.
Grimpe aux étincelles,
odeur verte,
clignote.
Un ours chien au poil frisé vient plonger dans mes mains.
Déplier, replier.
Déplier les alliés.
Il fait du bruit ton silence croissant.
Ramassé, assemblé,
traversé aux rouges des pas rapides,
avec des éléments préparés.
Retourner /plier /déplier / regarder.
Regarder les alliés.
Puis la pluie,
Arrivage,
Rivage,
Arrimage,
Image,
Rage,
Mirage.
La pluie en filigrane.
Dans les feuillages de nos arbres intérieurs, se trament parfois des histoires qui émergent au fleurissement.
Qui habitent l’inconnu.
Des « E » en suspensions, dans l’antre de ces branches.
Les chemins se cherchent, tracent le plus court ou contournent, détournent, se perdent au plus long.
Parfois des yeux nous regardent.
Sourire, caresses, passages.
Entre les lignes de ses racines
l’arbre soulève le temps du sol.
Se manifeste au soleil, tissé de toile d’araignées.
Grandeur et déploiement.
Dans l’étreinte de la pieuvre renversée.
Mirage qui éclate.
Indicible souffle.
Tombe d’un fracas de plumes.
La faille en l’ours, crisse, crevasse, sans hâte,
dans un sursaut de neiges éternelle.
Le pacifisme à l’épreuve, insoumis !
Dans les mystères de lui-même, avec entrain,
entre les molécules aux destins agités,
il chuchote: « ouvre les espaces possibles maintenant que le minotaure se réveille ! »
